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. Yannick Roux .

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Yannick Roux - Le sang empoisonné par le virus de la comédie -

Son portrait par Florian Genesty, journaliste : "Si, dès 20 ans, au sortir de sa formation d'acteur, Yannick Roux semble avoir adopté, de manière péremptoire, le physique de Rimbaud, bien aisé celui ou celle qui pourrait dire s'il en a également le génie ! Théâtral par excellence, Yannick est en effet de ceux, blessés sûrement, déchirés peut-être, prudents à l'extrême en tout cas, qui portent en permanence le masque noir chanté par Guidoni. Yannick a connu de manière particulièrement précoce, un coup de foudre pour le Théâtre, destiné à n'être pas un simple feu de paille. Dès 1985, il participe à la création d'une compagnie dramatique avec laquelle il présente à la Maison de la Culture Le Corbusier à Firminy "Quorum" sa première mise en scène et surtout un texte qui lui vaut un immense succès : « Beau succès pour Yannick Roux, Quorum est incontestablement une voie royale ». Christian Chauvin pour La tribune Le Progrès janv.1986. Suivront d'autres succès dont "l'Amuse-Gueule" créé à Saint Etienne en 1989. « C'est mon dernier spectacle, ma dernière apparition sur une grande scène » affirme Yannick en balayant de son regard vert puissant l'album souvenir qu'il me montre durant notre entretien. Non pas que la création et ses muses aient abandonné Yannick. D'idées et de projets, il n'en manque point. Mais les circonstances, les choses de la vie, ont fait que l'artiste fou de Théâtre, malade de ne pouvoir jouer et réaliser ses propres ambitions est aujourd'hui tout empreint d'une profonde amertume. Pour l'heure, Yannick Roux poursuit donc son bout de chemin. « Quand on écrit, affirme Yan, on règle toujours ses comptes ». C'est ce qu'il fait au travers de son écriture, mais avec la grâce, l'élégance et la force tranquille d'un véritable homme de Théâtre."

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La musicalité dans l'écriture de Yannick Roux déferle dans sa déclamation comme des vagues. Né en 1969 au Puy en Velay, auteur et compositeur, il est avant tout un acteur à la scène: élève du CREFAC d'Alain Bauguil, d'Yvonne Beaud, et du musicien compositeur Patrick Le Goslès dont il partagea la vie. Egalement acteur à la ville : à Choisy-le-Roi il fonde « Cabaret-Vert », tremplin pour la Fête et l'Art. Outre "Quorum" (Théâtre, 1986) qui lui fit connaître le succès, ses participations sont remarquées dans nombre de productions où il met en scène (opéra rock, comédie musicale) et rencontre avec le peintre Maxime Darnaud, élève de Picasso, lors de la création mondiale « Yor ». Un personnage, Yannick Roux, dandy à la vie sulfureuse et noctambule impénitent !

Yannick Roux fondateur et administrateur

"J'en dégueule de joie...sous vos applaudissements !"

(theBookEdition ISBN: 978-2-955-7273-2-4)

J’habitais à Choisy-le-Roi, rue du Docteur Roux. Déjà j’avais vécu mon enfance face à l’hôpital Émile Roux au Puy-en-Velay. Un signe ! Comme je suis quelque peu hypocondriaque, j’ai une peur bleue de fréquenter les hôpitaux. Mon hôpital à moi c’est le Théâtre. Mon Théâtre c’est la vie, le spectacle vivant et permanent. Je me considère humaniste, j’ai le désir sincère d’aider les gens parce que j’aime les gens. À défaut du Docteur, je serai l’acteur Roux : aide-soignant par le théâtre !

Je travaillais à Paris, tout à côté de l’hôpital Pitié-Salpêtrière. En décembre 1995, lors de la grève générale à l’initiative des cheminots, j’ai fait 24 jours de grève. Pour la parisienne Gare d’Austerlitz, au niveau local, nous revendiquions aussi l’embauche au cadre permanent de 38 jeunes jusqu’alors sous contrat à durée déterminée. Pierrick Saclier faisait partie de ces jeunes, et c’est là qu’on s’est réellement lié d’amitié. Il y a juste une légère différence d’âge entre lui et moi. Il est breton, je suis auvergnat et il paraîtrait qu’il y eût des Celtes jusqu’au Puy-en-Velay. Nos deux prénoms, petit Pierre et petit Jean, celaient déjà une grande amitié.

C’était l’époque bénie des buffets de gares où se côtoyaient toutes sortes d’individus qui échangeaient sur leur vie et prenaient ensemble du bon temps, le temps d’avant leur long voyage. Je me souviens de Garcimore, l’illusionniste Franco-espagnol qui enchanta mon enfance à la télévision. Un soir, Gare d’Austerlitz, avant d’aller prendre le Talgo pour Madrid, il me fit au comptoir quelques-uns de ces fameux tours ratés. Ces assistantes, lé pétites souris Tac et Tac-tac, étaient de la partie. J’étais bluffé ! Dire que cet artiste connu la pauvreté et le dénuement fin des années 80 au moment même où j’espérais devenir un artiste à mon tour ! À présent, c’était raté !...

Je me devais de trouver un palliatif à ce manquement. Et c’est là qu’intervient, du tac au tac, Pierrick Saclier. Pierrick est un juste, soucieux d’équité et de justice. On était tous deux passionnés par le droit civil et pénal. J’eusse aimé être avocat pour plaider dans une cour d’assises ; c’est une forme de représentation très spectaculaire, pour preuve ces anonymes qui viennent remplir les gradins du public lors des audiences… Indirectement, c’est ce qui nous a réunis. Dans un souci d’humanisme et d’équité, nous souhaitions nous battre comme des fous pour permettre à l’individu de pouvoir se réapproprier la fête et les arts dans leur plus simple appareil : la satisfaction qu’ils lui procurent. L’action de chacun doit collaborer à la recherche et à la mise en œuvre du bien voulu commun, c’est-à-dire participatif de cette belle devise qu’est : liberté, égalité, fraternité.

L’an 2000, un bel après-midi de mars, après le travail j’avais invité Pierrick à prendre un verre près de la Gare d’Austerlitz. Je lui ai présenté mon projet d’association : lutter contre les discriminations sociales, raciales, sexuelles, intellectuelles en favorisant l’expression individuelle et communautaire au travers des authentiques pouvoirs de créativité des membres révélés par la réalisation de spectacles de genre cabaret présentés entre membres et amis lors des rencontres destinées à se divertir agréablement et à s’affirmer. Il était intéressé. Je l’ai vu dans la manière emportée dont nous avons refait le monde jusqu’à la fermeture du bar ! Pierrick n’est pas extraverti, il est plutôt réservé. Pourtant, d’emblée, il m’accordait sa confiance et m’assurait de sa participation.

On était juste désireux de partager nos passions communes, notre soif d’un mieux vivre et avec nos personnalités différentes et assumées. Je devenais le bâtisseur d’un théâtre qu’il restait à inventer ensemble… Avec cette association je voulais laisser une marque indélébile, comme un héritage d’amitié, une transmission. Dans ce projet, j’avais aussi l’envie de faire le métier que j’aimais, celui dont on m’avait éloigné, dont je m’étais privé jusqu’alors. J’aime le théâtre, je voulais faire du théâtre. Mais les choses de la vie, les malheurs et les deuils de famille, m’ont dévié de cette voie. C’aurait été trop de souffrances pour eux, mes parents, de voir leur dernier jouer son destin sur les planches comme le dernier des saltimbanques… Je ne suis pas heureux de ne pas avoir continué dans cette passion, ni passionné par un travail imposé pour vivre.

Aussi, avec Cabaret-Vert, je panserai mes maux. Je me glisserai dans une autre peau, je ferai dire aux mots autre chose dans la vraie vie... J’aime particulièrement cette chanson Ma vie c’est un manège interprétée par Nicoletta. Eh bien moi, ma vie, c’est un Théâtre ! J’étais bon comédien mais je ne voulais pas jouer classique. Ça m’ennuyait et puis j’avais l’esprit de revanche sur ce milieu institutionnel très spécial et tant convoité… Jouer au théâtre et y compris dans mon quotidien en franchissant la barrière de l’imaginaire, c’était important pour moi, pour pallier mes manques. Pour moi ce projet, c’était accéder à la lumière, monter sur une scène vivante, vivre passionnément les choses, être grand...

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